Portishead fait du NO marketing

Geoff Barrow vient de défrayer la chronique en publiant quelques twits bien sentis qui annoncent que Portishead va faire de la musique et surtout pas de marketing.

Sur son twitter

There will be NO free downloads There will be NO bonus tracks There will be NO remixes There will be NO hidden footage

There will be NO additional content There will be NO corporate partners There will be NO fashion lines There will be NO tabloid pictures

There will be NO £25 unit cost There will be NO streetteam There will be NO myspace There will be NO celeb producer There will be NO twitter

There will be NO press/blogger gig There will be NO acoustic session There will be NO meet and greet There will be NO edited version

There will be NO iTunes only There will be NO press launch There will be NO asian version There will be NO radio friendly

Just music and us.


Magic RPM a traduit ces quelques lignes comme suit :

« Il n’y aura PAS de téléchargements gratuits. Il n’y aura PAS de morceaux bonus. Il n’y aura PAS de remixes. Il n’y aura PAS de making-of. Il n’y aura PAS de contenu additionnel. Il n’y aura PAS de partenariats. Il n’y aura PAS de lignes de vêtements. Il n’y aura PAS de photos dans les tabloïds. Il n’y aura PAS de prix unitaire à 25£. Il n’y aura PAS de street marketing. Il n’y aura PAS de tapage sur Myspace. Il n’y aura PAS de producteur célèbre. Il n’y aura PAS de nouvelles sur twitter. Il n’y aura PAS de concerts organisés pour la presse ou les bloggers. Il n’y aura PAS de rencontres organisées avec les fans. Il n’y aura PAS de versions raccourcies des morceaux. Il n’y aura PAS d’exclusivité iTunes. Il n’y aura PAS de lancement pour la presse. Il n’y aura PAS d’édition asiatique. Il n’y aura RIEN pour plaire aux radios : juste la musique et nous« 

On compte 21 NO, pour une vérité : Just music and us. Et là je dis bravo, je trouve le procédé génial : ces quelques phrases ont plus en commun avec un poème qu’avec des twits, et cette palanquée de NO n’est là que pour mettre en exergue cette vérité laconique qui la conclut : Just music and us. C’est vraiment bien fait, on aurait presque envie qu’ils la mettent en musique.

Ces déclarations, quelle que soit la volonté initiale de Geoff Barrow, sont un formidable coup de pub auprès des fans. C’est que Portishead a le goût du secret et s’affiche depuis longtemps hors des sentiers battus de l’industrie musicale. Les fans (dont je fais partie) ont en effet attendu 10 bonnes années un troisième opus, qui est finalement arrivé avec Third.

La com était déjà très laconique, un message de temps en temps, quelques articles sur l’enregistrement studio et les pannes d’inspiration, une interview de temps en temps et … finalement, la sortie de l’album tant attendu. Un album difficile à aborder de prime abord mais excellent au final.

Malgré cette aversion pour les méthodes classiques du marketing musical, la posture du groupe reste ironiquement du marketing, un marketing de la rareté, un marketing du no promo, mais un marketing quand même. Les fans vont guetter le moindre ersatz de début de déclaration des membres du groupe – et il y en aura forcément- , et les sites spécialisés s’empresseront de relayer tout ça. Parce que ce qui est rare est cher, Portishead donne matière à scoops et autres théories fumeuses sur ce qu’ils vont bien pouvoir inventer, et suscitera l’attention quoi qu’il advienne.

Et moi, j’attends l’album avec impatience, et en bon fan qui se respecte je vais guetter, guetter, à tel point qu’au final on pourra dire : Maxime guetta. Parfois j’aimerai m’appeler David…